Exposure Travel Blog
Fana de photographie, passionné de voyage, j'imagine mal un WE prolongé en France. Mes destinations favorites sont le Maghreb et plus particulièrement le Maroc et l'Asie du sud-est. Les villes ou je me sens le mieux sont, Marrakech, Casablanca, Bangkok, Phnom Penh, Ho Chi Minh et Paris.

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Coucher de soleil sur Zagora

Il y a un an exactement aujourd’hui, je me posais avec CN-TDZ, un magnifique Cessna 310, sur la piste de Marrakech pour un week-end qui a changé pour moi le visage du Maroc. Peu de temps avant cela, je griffonnais le texte suivant sur la piste de Zagora.


Le soleil se couche maintenant derrière les montagnes, derrière l’Atlas, au bout de la vallée du Dràa. Petit à petit, la nuit recouvre le désert. Assis au bord de la piste en terre, je contemple ce spectacle tout en regardant cet avion, ce tas de ferraille que j’affectionne bizarrement. Je pense au truc au nez rouge (l'avion). C’est vrai que je ne le trouve pas très beau et particulièrement son tableau de bord. Un sourire se dessine sur mon visage et je me dis que c’est grâce à lui qu’aujourd’hui je peux contempler ce magnifique coucher de soleil depuis Zagora.


C’était au début de l’année 2003, une période ou avec le recul je me dis qu’il est des instants où l'on souhaite partir loin, laisser derrière soit un monde, des gens, des endroits chargés de souvenirs. Prendre le large, tout plaquer, peu importe la destination pourvu que ce soit loin et quelques peu dépaysant. Ce n'est pas tellement fuir, c'est essayer de découvrir autre chose, d'autres gens, d'autres cultures, oublier ces souvenirs qui parfois font si mal et, peut-être revenir plus fort ou du moins avec une autre vision des choses, de nouvelles expériences, de nouveaux souvenirs et assouvir une certaine soif d’aventure.


C'est lors d'un de ces moments que je me suis retrouvé un matin du mois de janvier dans mon bureau de Neuilly. Le téléphone sonne. Une voix me demande si je peux me rendre très rapidement à Casablanca pour remettre sur les rails une salle des marchés. Dans une banque, la salle des marchés, c'est l'endroit où l'on traite les opérations avec les bourses du monde entier, c'est dans cet endroit que l'on trouve les golden boys. A Casablanca, nous sommes loin de Wall Street et de Mister Gheko, mais ça a un côté attirant, puis ça répondait à mon souhait de partir.


Une fois sur place et malgré ce désir d'oublier certaines choses, j'avais besoin de repères. Peut-être juste pour me rassurer, ou simplement retrouver ce qui me tient le plus à coeur. C'est comme ça que j'ai découvert l'aéroport du quartier d’Anfa situé presque au centre de la ville. Doté d'une piste 25/03 de plus de 2000m, il occupait la place d'aéroport international jusqu'à la création de l'aéroport Mohammed V au sud et à l'extérieur de la ville. Cet aéroport dispose d'une société exploitant des Cessna 177 et 208 et d'une autre société exploitant des bizjets. Par endroit, il reste quelques vestiges du passage de Royal Air Maroc, des Boeing 737 et une Caravelle aux couleurs de la compagnie nationale.


Les jours passaient et mon activité professionnelle me prenant beaucoup de temps, je ne voyais pas grand chose de ce pays qui, au premier abord, semblait très attachant tout en ne m’inspirant pas tellement confiance. Au début, ce n'est que lors de quelques trajets du bureau aux restaurants ou à l'hôtel que je découvrais Casablanca. D’ailleurs la première vue que j’en ai eu était cette vue panoramique depuis le 10ème étage de mon hôtel situé sur l’ancienne place de France rebaptisée place des Nations-Unies. Mais aujourd’hui, après une navigation qui nous a fait passer par Marrakech et Ouarzazate, nous voici en escale à Zagora avant de s’enfoncer demain dans le désert vers Mhamid.


Mais ce soir, je reste seul assis à côté de ce tas de ferraille, les genoux sous le menton et les mains comme soutien du visage, je me dis que ça pourrais être n’importe quel autre avion, j’aurai toujours ce regard attentionné, passionné, admiratif, ce regard que l’on retrouve dans les yeux d’un enfant qui ouvre un cadeau à Noël. Je penche ma tête en regardant cet avion, et je pense à tout ces gens que l’on survole en tour de piste et qui ne soupçonnent même pas le bonheur que peut procurer l’aéronautique, même sans en faire son métier ou encore faire partie de ces gens qui ont marqué l’histoire.


Le soleil n’est plus visible maintenant, et même si j’aimerais que cet instant soit éternel, il est temps de rejoindre le ksar qui va m’héberger ce soir en rêvant à toutes ces images, ces cartes postales, qui ont défilé autour de moi durant le trajet.

 


Publié à 02:50 le 16/05/2004 dans Maroc
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